La bonne nouvelle, la culpabilité est en baisse. Je ne le comprend pas encore avec mes trippes, mais rationnellement je comprend que ce n’est pas de ma faute. On ne peut pas lire dans la tête de quelqu’un qui veut cacher son mal être. Je suis loin d’être parfait, j’aurais peut être du sensibiliser davantage mon fils à certaines situations comme ne pas avoir peur de se montrer vulnérable…j’ai fait mon lot d’erreurs mais au final je suis et j’ai été un bon père présent et aimant.
Par contre, les larmes ont arrêter de couler depuis quelques semaines et l’émotion dominante est la colère. Colère plus souvent qu’autrement contre mon fils disparu. Je le traite de tous les noms, j’en ai rempli des cahiers complets. Il nous a fait tellement mal. Je ne serai peut être pas capable de lui pardonner un jour d’avoir abandonné ces 2 frères et sa sœur. Je lui en veut d’avoir caché avec brio sa douleur. Bref, j’ai peur que cette colère s’installe et ne parte jamais. Suis-je normal docteur ?
Le deuil qui suit après le suicide d’un être tant aimé et que l’on n’a pas vu venir vient obligatoirement avec des sentiments de culpabilité de notre part et souvent des sentiments de colère suivent par la suite. C’est un processus normal. J’ai déjà mentionné sur ce site que ces personnes sont d’excellents joueurs de poker. Elles excellent à nous cacher leurs émotions et le plan qu’elles ont en tête.
Il est donc tout à fait normal de ressentir de la colère envers eux et cela nous anéanti car nous les avons tant aimé. C’est le paradoxe, amour - haine. L’on ne savait pas, l’on a pas vu cela venir, nous sommes malheureusement témoin d’une scène horrible et l’on en subit les conséquences sans notre consentement.
L’on doit se dire, s’était son choix pas le nôtre. Nous y sommes pour rien, nous avons aimé à l’infini, nous avons tant offert et avons été là présent pour eux. C’est la dure réalité des survivants, les endeuillés par suicide.
Merci Cachou d’avoir pris le temps de me lire et de me donner une si belle réponse, je suis touché. Effectivement ce sont d’excellents joueurs de poker qui cachent leurs émotions et leurs plans macabres. J’aime ta façon de t’exprimer en parlant du « paradoxe amour-haine ». L’avoir aimé à l’infini, et il nous abandonne violemment sans préavis, c’est pour ça que j’ai autant de colère maintenant. À mon prochain rdv avec mon psy la semaine prochaine, je vais aborder cette colère. Je n’ai pas le goût d’être le gars choqué et aigri sur le long terme. Je nous souhaite tous d’être bien et appaisé. Merci Cachou, je vais essayer d’être courageux.
Mes deux frères ont eu leur lot de fardeau, pas qu’on vienne du famille dysfonctionnelle, ma soeur et moi n’avons pas eu du tout le même parcours. Quand je pense au suicide, à la personne qui a posé le geste, j’ai aujourd’hui une grande compassion. Je comprends que le fardeau qu’il portait, était potentiellement trop lourd, lui paraissait peut-être trop sombre ou trop intangible pour être nommé. Du genre " De quoi je me plains moi qui n 'ai manqué de rien". Cette perspective m’a permis de passer de la colère à la tristesse puis, en poursuivant le chemin, à l’amour pour nos vies imparfaites. Ça m’a permis de reconnaître qu’on fait chacun du mieux qu’on peut avec ce qu’on a et que ce mieux et différent pour chacun. Que le mieux que je peux faire actuellement c’est de continuer à cheminer dans l’amour et le non jugement, pour honorer leur vie et la mienne. Et pour être capable d’accueillir les coeur meurtris que je croiserai. Il y a de la beauté partout, même dans la grande souffrance, courage xx
Merci ma chère LaLIcorne pour ton message, C’est beau ton cheminement de passer de la colère, à la tristesse, puis à l’amour. J’essaye d’assimiler que le fardeau qu’il portait, était sans doute trop lourd, ou trop sombre ou trop intangible pour être nommé, mais ce n’est pas facile. Je lui en veux beaucoup de ne même pas avoir dit un aurevoir à sa petite soeur adorée et à ses 2 frères qui voyaient en lui un modèle ultime, de nous avoir abandonné alors qu’on aurait tout fait pour l’aider. Merci pour tes bons mots, j’espère un jour pouvoir cheminer dans l’'amour et la sérénité.