Presque 2 mois sans toi

Allo,

Mon fils de 16 ans a décidé d’en finir avec la vie en février. Il était indépendant, autonome, très intelligent et cachait très bien sa détresse. C’était un garčon bienveillant et bon mais qui etait fier et qui cachait sa douleur.La première semaine suivant le drame , j’étais en crise totale. Maintenant je suis parfois dans la culpabilité, parfois dans la colère, pour plusieurs jours. Et beaucoup de tristesse. Souvent. J’arrive à avoir de petits moments de bonheur quand je passe du temps avec ma jeune fille bien vivante qui aime bricoler et dessiner, avec mon gars créatif de 10 ans et mon ado qui aime le cinéma comme moi. On vit chacun nos deuils à notre façon et ma femme est à terre. Et ce le sera pour un bon moments j’ai l’impression. Je reste fort pour la famille mais je sais que dois prendre soin de moi. Les nuits sont difficiles et je prend quelques verres de vin à chaque soir pour me calmer les nerfs. . Je sais que je devrai me modérer là dessus prochainement. On a de l’aide sociale et psychologique à peu près à chaque 2 semaines. J’ai repris le travail seulement 3 semaines et demi après le drame. Le travail me fait du bien pcq je canalise mon énergie mentale vers un but et j’oublie un peu le drame. J’ai plusieurs angoisses : vais- je arriver à être apaisé ? Est ce que je serai assez fort pour accompagner mes 3 autres enfants vers l’autonomie et le bonheur ? Est ce que la vie va me donner la santé pour etre assez en forme pour aider longtemps mes 3 autres enfants ? Je suis dans la crainte et je n’ai aucune certitude. J’aimerais avoir des conseils et des trucs pour pouvoir etre appaisé, s’inspirer des bons cotés de mon fils disparu et comment avancer dans la vie ? Mes 3 enfants vivants méritent d’être heureux et je veux être capable de les accompagner même si je suis brisé et tellement imparfait, impulsif, impatient , colérique et mélancolique . Merci de m’avoir lu, je suis un petit nouveau mais je vous lis depuis février et vous m’aidez.

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Bonjour,

Merci d’avoir partagé avec nous. Ça prend du courage, même ici, même entre nous qui vivons tous avec cette même blessure absurde. C’est quand même différent pour moi car il s’agissait de ma meilleure amie. Perdre un enfant…c’est toute autre chose.

Cela dit, je comprends tellement ce que tu décris. La culpabilité, la colère, la tristesse qui revient par vagues. C’est le lot de ceux qui restent derrière. On comprend jamais pourquoi ce geste d’une telle fatalité et finalité. On retourne ça dans notre tête, encore et encore, et il n’y a jamais de réponse qui tient.

Ton fils avait 16 ans, il était brillant, bienveillant, bon…et il cachait sa douleur. Ce n’est pas de ta faute. Les êtres fiers et lumineux sont parfois ceux qui se terrent le plus dans leur souffrance, dans un silence qu’on arrive jamais à percer même avec tout l’amour du monde.

Tu te décris comme brisé et imparfait, mais moi ce que je vois entre les lignes, c’est un père qui se lève chaque matin pour ses trois enfants, qui bricole avec sa fille, qui regarde des films avec son ado, qui reste debout même quand tout s’effondre. Un père imparfait qui aime autant, il me semble que c’est exactement ce dont tes enfants ont besoin…un père authentique.

Je te souhaite qu’avec le temps, les bons souvenirs de ton fils vont remonter sans autant te déchirer. Peut-être pas tout de suite car tout doit être encore si vif, mais un jour… pour ça qu’on dit un jour à la fois.

Je réalise que finalement, ce qui reste des êtres aimés qui nous sont enlevés, quand la douleur nous permet enfin de respirer un peu, c’est l’amour, et ça, ça nous appartient à 100%, personne peut t’enlever ça.

En tout cas, courage ! et prends soin de toi !

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