Mon frère, toujours avec moi, autrement

Mon frère, mon bro,

J’ai peine à croire que ça fait déjà deux ans que tu as perdu ta bataille contre la dépression. Rien ne nous a préparés à ton départ. Quand j’ai appris ce qui t’était arrivé, c’était comme un cauchemar, sauf que cette fois, c’était réel. Et c’est devenu notre réalité. Ton choix a bouleversé ma vie, celle de notre famille, de tes amis. Tout s’est passé si vite. Même tes funérailles. Les gens sont venus, la famille, les amis, les collègues, puis, peu à peu, tout est retombé. Comme si plus rien. Les gens reprennent leur vie. Ils avancent. Ils oublient, parfois. Mais moi, je ne peux pas oublier.

Il suffit d’une chanson, d’une odeur, d’un souvenir, d’un moment en famille… et tout revient. On s’envoyait des vidéos humoristiques juste pour garder un petit contact. Ça peut paraître banal, peut-être même stupide pour certains… mais pour moi, ça ne l’était pas. Ça me manque.

On a toujours eu un humour un peu weird, à nous. Mais on se comprenait. Et là, la réalité me rattrape. Et les larmes aussi.

Je ne pense pas avoir déjà connu une tristesse comme celle-là. Perdre un frère, c’est perdre un pilier. Un ami. Un complice. Un confident. Et toi, tu étais mon grand frère, mon protecteur, mon exemple, mon influence. Parfois un bon exemple, parfois moins bon… mais un exemple quand même.

Depuis, le deuil ne s’est pas contenté de me briser le cœur. Il a redessiné mon existence.
Il a transformé mon sentiment de sécurité.
Il a changé ma façon d’habiter le monde. Il m’a transformé.

Certains diront que je devrais passer à autre chose… mais ce n’est pas aussi simple. Avancer ne veut pas dire oublier.

Dans le tumulte de cette nouvelle vie sans toi, je continue quand même. Je continue de danser, de créer, de vivre de ma passion, comme tu me voyais le faire, comme tu m’encourageais à le faire. Je continue aussi pour toi, un peu.

Je continue de construire ma vie avec ma conjointe d’amour, de partager des moments avec ma famille, de prendre soin de moi, de nous, du mieux que je peux. Il y a encore des rires, encore de la lumière… même si elle n’est plus tout à fait la même. Apprendre à vivre sans toi, c’est apprendre à vivre autrement. Avec le manque. Avec les souvenirs. Avec tout ce que tu as laissé en moi. Et malgré tout, j’avance. Pas en te laissant derrière… mais en t’emportant avec moi.

Dans ton dernier post sur Instagram, tu écrivais qu’il y a toujours de la positivité dans n’importe quelle fin.

Peut-être que tu parlais d’une relation. D’un chapitre qui se terminait dans ta vie pour laisser place à autre chose. Moi, aujourd’hui, j’essaie d’appliquer ces mots à quelque chose de beaucoup plus grand. À ton départ. Et c’est difficile.

Parce que certaines fins ne ressemblent pas à des leçons au début. Elles ressemblent juste à du vide. À une très grande tristesse. À un manque immense. Mais avec le temps… j’essaie de voir autrement. De voir ce que tu m’as laissé. Ce que notre lien a construit en moi. Ce qui continue de vivre, même si toi tu n’es plus là.

Si je cherche la “positivité” dans cette fin…
elle est dans l’amour que tu as laissé derrière toi. Dans nos souvenirs. Dans la personne que je suis devenu aussi, un peu grâce à toi.

Peut être que mon deuil sera éternel, parce que notre amour entre frère l’est aussi. Alors j’avance avec ça. Pas parce que c’est facile. Mais parce que c’est tout ce qu’il me reste de toi… et que ça compte encore.

Même si tu n’est plus ici, physiquement, tu es et sera toujours avec moi… autrement.

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Cher Leonardo,

Je t’offre toutes mes sympathies pour la perte de ton frère. Dans ton texte tu lui rend un très bel hommage, l’on sent tout l’amour qui vous unissait.

Il n’était peut-être pas parfait en soi selon tes dires mais tu ne l’a jamais lâché et tu as été à ses côtés jusqu’à la fin de sa vie. Il a été très chanceux de t’avoir eu comme son frère cadet, toutes les honneurs te reviennent.

Je te souhaite que le temps ainsi que tes réflexions et souvenirs de lui t’amène de la paix dans ton âme.

:beating_heart:

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Allo Leonardo,

Merci pour ton témoignage, j’ai 2 garçons plus jeunes qui ont perdu un grand frère, ton beau texte bouleversant m’aide à comprendre comment ils peuvent ressentir cette perte de leur grand frère qui était un modèle, beau, grand, fort bienveillant, sensible et intelligent.. Je t’offre mes plus sincères sympathies !

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