Ma meilleure amie, celle qui était mon âme sœur, s’est suicidée il y a 26 ans, à l’âge de 28 ans. Nous étions si proches; j’ai passé ma jeunesse chez elle - elle habitait la maison d’à côté - car cela me donnait une pause vis-à-vis de ma famille toxique. J’ai vu venir son suicide 2 ans avant qu’elle ne passe à l’acte. J’ai tenté de l’aider, de l’écoute active à la transmission d’un ensemble de ressources. J’ai moi-même appelé à une ligne téléphonique pour qu’un intervenant me guider. Mais en vain. Comme elle m’a dit que si je n’avais pas été dans sa vie, elle se serait suicidée bien avant, je me suis sentie et me sens toujours très responsable de sa mort prématurée. Et à chaque fois qu’il m’arrive quelque chose d’heureux, comme mon mariage, je sens que quelque chose ne va pas, comme si je n’avais pas le droit de vivre ma vie sans qu’elle vive aussi ces événements. À chaque anniversaire, ça me fait la même chose. Mon conjoint de l’époque n’est pas venu à ses funérailles car il se disait trop occupé; je l’ai quitté trois jours plus tard. Mes parents y sont venus mais ne m’ont pas adressé la parole, ne m’ont pas touchée alors que j’étais en morceaux. Après les funérailles, je suis allée au goûter organisé par les parents de ma meilleure amie. Les gens riaient, étaient heureux de se voir; je n’ai pas supporté et ai quitté. Je pense que j’en ai donc conclu qu’il fallait que je règle cet immense chagrin par moi-même. Mais après 26 ans, je constate qu’encore aujourd’hui, rien n’a bougé en moi par rapport à cette perte. Pour le dire simplement, j’ai encore son suicide pris dans la gorge; l’émotion est intacte et j’ai décidé de venir sur ce forum pour tenter d’en parler enfin à des personnes qui comprennent et qui peut-être m’aideront à cheminer. Je ne veux pas oublier mais je voudrais que la souffrance s’atténue. Je tends la main.
Bonjour @Prof et bienvenue sur ce forum.
Nous vous invitons à ne pas hésiter à communiquer avec d’autres membres de la communauté. C’est en échangeant des stratégies et dans des actes de partage qu’on peut parfois trouver un peu de réconfort.
Vous avez bien fait de choisir de « parler enfin ». Vous n’êtes pas seule. Si autour de vous c’est peut-être moins facile de communiquer ces émotions par rapport au suicide de votre amie, sachez que vous serez toujours la bienvenue ici, ainsi que sur suicide.ca où vous pouvez en tout temps parler à un intervenant.
Nous vous invitons également à visiter cette page de suicide.ca pour des trucs sur les façons de communiquer vos émotions avec votre entourage. En bas de la page, également, on aborde les groupes d’endeuillés et on vous propose des liens vers des ressources.
Votre sac à dos rempli de roches de souffrance, c’est juste ici que vous pouvez le déposer pour prendre une pause.
Au plaisir de vous lire,
Stéphanie ![]()
Équipe de modération
Je viens de perdre ma grande amie lundi dernier. Je l’ai su qu’hier. Je crois que comme vous, je resterai triste. C’est souffrant, mais on pense toujours à elles.
Les dernières publications concernent la perte d’ami.e.s proches. Je m’adresse alors à ceux et celles qui ont perdu un.e ami.e, par suicide. Quels sont les changements qui ont été amenés par ce deuil dans votre quotidien? Qu’est-ce qui vous a permis et vous permet de passer à travers ? Qu’est-ce qui pour vous est différent dans la perte d’un.e ami.e versus d’un.e parent.e ou membre de famille? On veut vous lire!
Stéphanie ![]()
Équipe de modération
Je vous comprend je viens de m’inscire pour trouver de l’aide pour accepter le suicide de mon ami en novembre 2023. J’ai faite une lever de fond l’an dernier sur ce site en memoire de elle en esperant aider. J’essaie de me dire que ses son choix a elle si elle voulais cela mais ces vrm dur a accepter. Elle me manque ![]()
Bonjour, oui la douleur reste. Le sentiment de culpabilité et de responsabilité aussi. Le gouffre ne se comble jamais. Mais, est-ce pour vous comme pour moi? Les jours ont quand même leur part de joie, d’heureuses découvertes, de douceur. On a été détruites; on continue en étant autres et autrement. Pis on n’a pas le choix : il faut prendre grand soin de soi. Chaque jour. Accrochez-vous! C’est fou à dire : ayez confiance. Je vous envoie des tonnes d’affection.
Perdre une amie, une amie très proche, est très différent de perdre un conjoint.e, un.e enfant, je le conçois, mais pour moi qui est une personne célibataire sans enfants, comme l’amie qui s’est suicidée, je perds un énorme pilier de joies et de force dans ma vie. Cette personne était un véritable fouet d’énergie. Nos conversations, sa profondeur, ses indécisions, ses plans de dernière minute, ça me manque ! Surtout l’été où nous nous voyions plus souvent. Perdre une amie, nous renvoie beaucoup à nous aussi. Est-ce que ça pourrait nous arriver dans un moment de grande détresse ? Est-ce que les gens me manqueraient autant qu’elle manque à son entourage ? Chaque fois que je passe devant sa porte, je hurle un peu, chaque fois que je veux prendre le téléphone pour lui raconter un truc, je pleure, chaque fois que je pense à elle, out of the blue en faisant le lavage ou le ménage par exemple, je m’écris: mais qu’est-ce que t’as fait, qu’est que t’as pensé donc !!!??? Je n’y crois pas. Ça fera bientôt 1 an le 14 octobre. Ça a passé vite, mais je n’y crois toujours pas. Impossible. Une vie où elle n’existe pas est carrément irréaliste.
Il y a une marche pour la prévention du suicide le 27 septembre à 13h au Monument George Etienne Cartier, Mont-Royal.
Je prévois y être. Peut-être que ça apaisera mon chagrin.
Bon samedi à tous et à toutes.