Depuis quelques semaines, les mots arrivent enfin.
Ils me permettent de comprendre, avec un peu plus de justesse, ce que je porte en moi depuis le suicide de mon conjoint.
J’avais envie de partager ces mots ici, avec des personnes qui connaissent cette réalité. Chaque histoire est unique. Voici simplement un morceau de la mienne.
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Je croyais qu’après avoir traversé une première année d’une intensité inimaginable, le plus difficile était derrière moi.
Pourtant, depuis quelques semaines, je découvre une nouvelle couche de mon deuil.
Une couche encore plus profonde.
Comme si, après avoir survécu pendant plus d’un an, mon cœur commençait enfin à réaliser tout ce que cette tragédie a réellement bouleversé.
Je découvre que, pour moi, le deuil par suicide va bien au-delà de l’absence de l’homme que j’aime.
À cette réalité s’ajoute le traumatisme laissé par son suicide. Il fait partie de mon histoire et de ce que j’apprends, moi aussi, à apprivoiser. Mais ce que j’essaie surtout de mettre en mots aujourd’hui, c’est tout ce qui continue de vivre en moi, au-delà de ce traumatisme.
Chaque matin, je me réveille dans une vie que je n’ai pas choisie.
Une vie où je dois apprendre à continuer sans celui avec qui je partageais mon quotidien depuis plus de 29 ans.
Il y a des jours où je n’ai pas envie de cette vie.
Non pas parce que je ne veux plus vivre.
Mais parce que j’aurais tellement voulu continuer à vivre celle que nous avions construite ensemble.
Depuis la dernière année, j’ai souvent l’impression d’être prise dans des sables mouvants.
Plus je me débats pour essayer d’aller mieux, plus je m’enfonce.
J’apprends doucement qu’il existe peut-être un autre chemin.
Celui de ralentir.
De respirer.
D’accueillir ce qui est là.
Et d’accepter que, certains jours, survivre demande déjà toute mon énergie.
Le deuil transforme aussi profondément les relations.
Certaines personnes se sont éloignées.
D’autres sont devenues des présences précieuses.
Et, contre toute attente, la vie m’a offert de nouvelles rencontres qui me rappellent qu’il existe encore des endroits où l’on peut être accueilli tel que l’on est, sans masque.
Aujourd’hui, je ne cherche pas à raconter le suicide de mon conjoint.
J’essaie simplement de mettre des mots sur ce que signifie, pour moi, continuer à vivre après son suicide.
Si certains d’entre vous se reconnaissent dans ces mots, sachez que vous n’êtes pas seuls.
Et merci.
Merci, parce que depuis plus d’un an, en lisant vos témoignages, je me suis souvent sentie un peu moins seule moi aussi. ![]()