Il ne voulait jamais finir une chanson, il changeait toujours de poste au milieu. Il a fait la même chose avec sa vie. Et il a zappé la mienne pour un moment. Pendant deux ans, j’ai vécu en parallèle, je faisais ce que ma psy appelle « de la dissociation ». J’étais sur le mauvais poste radio, entre deux chaînes, avec plein de grichements. J’ai erré dans ma maison, puis j’ai erré autour de ma maison, et j’ai vu les gens que j’aime s’éloigner pour diverses raisons. La solitude m’a permis de trouver l’onde, mon onde, et de me synthoniser sur ma chanson, celle que je veux entendre au complet: ma vie à moi. Mes besoins d’abord. Je prends soin de moi. Puis je pense encore à lui et mes émotions ne sont jamais les mêmes, comme des vagues.
En marchant, j’ai rencontré un arbre magnfique. J’y suis revenue à différents moments de la journée, à différentes luminosités, et chaque fois, je l’ai trouvé beau. Je me suis surprise à être encore capable d’aimer le vivant.
Je crois qu’il n’avait pas envie de vieillir, il avait beaucoup de peurs que je ne listerai pas ici… il les a emportées avec lui, et je n’ai pas pu l’aider à ce moment-là. Il a emporté aussi avec lui ses mensonges.
J’avais besoin d’explorer ma pensée sur le mensonge. La voici:
Cesse de glorifier l’inutile et le mensonge.
Rien n’est permanent, l’équilibre est en mouvement perpétuel,
sois fidèle à ton propre mouvement.
Tu n’as pas besoin de prouver quoi que ce soit.
Ta forteresse est intérieure, là où ta solitude devient habitée et te permet une observation sereine du vivant. Ne t’encolère pas contre ceux qui veulent plaire à tout prix, et toute la pollution sur leur traîne, tu n’y vois que le signe de leur propre enfermement.
Que ton visage devienne le récit honnête de ta vie.
Cesse de tenter de figer le temps, utilise-le plutôt pour savourer la luminosité changeante sur les arbres ou la présence des enfants.