Lettre à mon fils : on apprend à vivre sans toi

Quelle phrase dure de dire qu’on apprend à vivre sans toi. La route est très difficile. Je suis encore surpris que tu ais fait ce choix quand tu nous souriais encore , quand ça allait bien à l’école, que tu avais de bons amis, une famille aimante et que de beaux projets arrivaient à court, moyen et long terme.

On avait tellement confiance en toi que le suicide ne semblait même pas une possibilité. Le choc qu’on a eu à été dévastateur et foudroyant. Tu as eu une enfance heureuse et ton adolescence semblait aussi bonne. On n’a pas allumé que ta grande indépendance, autonomie et fierté, ferait en sorte que tu ne demanderais pas d’aide quand ça va mal en dedans. Je suis choqué après toi que tu n’ais pas demandé d’aide et je suis choqué après moi de ne pas avoir détecté les quelques signes visibles que ça allait mal : légère perte d’appétit, léger retraits de certaines activités familiales… c’était subtil ton affaire mais pourquoi donc tu ne voulais pas te montrer vulnérable ? On aurait compris.

On se retrouve donc à apprendre à vivre sans toi. Ce n’est pas notre choix et on souffre et subit ta décision de marde. Ton choix ne nous définira pas pour toujours, j’en fait un nouvel objectif de vie et je vais aller mieux. Je ne comprends toujours pas. On avait une super complicité quand tu étais enfant et une très bonne à l’adolescence malgré nos différences. Je suis un gars de sciences humaines, tu étais un gars de sciences pures. À 16 ans tu étais déjà plus sérieux et discipliné que moi ton père, c’est pas normal ! Je regrette de ne pas t’avoir montré comment prendre soin de ton enfant intérieur, de prendre la vie avec plus de légèreté et de plaisir. Papa a fait son possible.

Vivre sans toi, c’est vivre avec le vide créé par ton départ. Vivre sans jamais voir ce que tu aurais accompli, vivre avec des flash-back soudains et réguliers de toi. S’ennuyer, être triste. Mais continuer à avancer, toujours. Avoir au mieux la paix d’un guerrier qui a vu des atrocités et se battre la tête haute pour que tes frères et ta sœur vivent pleins de moments de bonheur.

Aide nous pour que ta mère et moi puissions un jour être apaisés. Donne nous de la force et de la sérénité. J’espère qu’on va pouvoir se reparler un jour, que tu vas me raconter ton voyage dans les étoiles et ce que tu as découvert. Comme tu sais je continue sur le chemin de la vie. Les routines reprennent même si notre monde s’est écroulé. Où que tu trouves, je te souhaite simplement d’être bien. Je t’aime.

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