Le cap du "1 an"

Bonsoir forum,

le cap des 1 an est passé,

il n’y a pas une journée durant laquelle je n’ai pas pensé à ce geste, à mon proche l’ayant commis…

J’ai repris le travail après 1 an d’incapacité à faire quoi que ce soit en société,
ça me fait du bien en un sens, mais souvent j’ai très envie de retourner m’isoler et me concentrer sur ce deuil qui, j’ai l’impression, reste flottant en moi…

Ne pas pouvoir retrouver ma coquille est difficile, surtout que cela fait 1 an, j’ai l’impression que je n’aurais pas le droit, de toute façon. Parler du suicide et revenir sur les événements ne me semble plus trop acceptable, je ne crois pas que mon entourage ait encore l’ouverture et l’empathie d’écouter comment je me sens et comment cela impact ma vie comme lorsque le geste était récent… Je me sens mal d’y penser non stop, je me sens mal de ne pas en parler comme j’en aurait besoin…

J’ai tenté, il y a un moment, de faire appel à un groupe d’entraide pour les deuils comme celui-ci, puisque j’ai la chance d’avoir un organisme de la sorte dans mon coin, mais l’intervenant à qui j’ai parlé ne m’a jamais rappelé alors qu’il m’avait été dit qu’il y aurait un groupe éventuelle et que je serai rappelée. Je pense me réessayer, je crois que cela n’est plus trop négociable de mon coté, parce que cet événement m’a tellement changé, il a changé ma manière de voir la vie, il a changé mon anxiété, il a changé mes émotions et leurs intensités, etc…

J’ai quand même peur de recontacter cet organisme puisque j’ai peur de ne pas me faire rappeler encore, mais bon, qui tente rien n’a rien, comme on dit…

J’ai l’impression de stagner, même si je me suis remise au travail, je n’ai pas repris mes cours, j’était si près du but, mais maintenant j’ai l’impression de ne plus du tout envie de poursuivre et conclure ces études là puisque je n’ai plus l’énergie d’avant, je n’ai plus l’énergie pour cette « branche d’emploi », je me recherche à nouveau dans tout cela, et je n’arrive pas encore à me trouver. Je n’ai pas envie de finir ces études, mais j’ai peur de faire une erreur en ne concluant pas ce chapitre, même si je n’exerce pas ce métier plus tard, juste m’imaginer poursuivre me vide déjà de mon peu d’énergie récupérée.

Côté plus personnel, j’ai l’impression que ce deuil, mélangé à tout ce que je vivait déjà de base et ma personnalité anxieuse, me rend hyper dure envers envers mon entourage et plus particulièrement envers la personne qui partage ma vie, je me sens sèche et rude dans mes commentaires, demandes, réponses, j’ai plus de difficulté à me mettre à sa place en comparaison à avant, j’ai l’impression de ne pas me faire comprendre, que je n’aie pas à être bête encore à cause du deuil… (peut-être que cela ne vient pas 100% du deuil, mais je sais que je ne suis plus comme avant, et pas vraiment pour le mieux pour les autres, j’ai l’impression)…

En tout cas, je me suis retourner vers toi, forum, pour partager mes états d’âmes et le poids que je porte en silence depuis trop de temps, cela me soulage d’écrire ces lignes en ce moment et je t’en remercie, forum.

Merci de me lire et de m’offrir votre soutien, cela apaise mon cœur pour un moment,

Mille mercis,
xx

  • Encore et toujours dans l’Flou :blossom:
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Bonjour @Flou,

La marque du 1 an, suite au malheureux événement, est une marque sur la ligne de temps de ton deuil qui est singulière et importante. Par contre ce n’est pas une finalité en soi, le compteur se remet en marche dès le lendemain, le deuil on le porte toujours en soi, ça n’arrête pas. Bien qu’avec le temps qui passe et le cheminement que l’on fait, le deuil s’estompe peu à peu, il devient plus pâle et il prend moins d’espace avec le temps qui passe.

Le fait que tu as pu reprendre tes fonctions au travail démontre que ton énergie revient tranquillement, au compte goutte peut-être mais ça revient. C’est effectivement une période où l’on en a plus d’énergie, le deuil secoue tout notre être entier, ça nous siphonne toutes nos forces afin de nous reconstruire après le passage du séisme…. Pour ce qui est de tes études, donne toi encore un peu de temps si tu ne t’y sens pas encore la force d’y retourner, ça aussi dans un futur rapproché tu risques d’y trouver l’énergie et le désir de t’y remettre afin de terminer ce chapitre. Soit indulgente envers toi même, ça ne fait qu’un an que tu as perdu ta personne, ce fut un très dur coup à encaisser. Tu es un chantier de construction en cours, il est important de suivre les étapes une à une selon tes besoins afin que tous les murs ne s’écroulent jusqu’à la fondation.

Reprend contact avec l’organisme qui offre des sessions de groupe d’entraide sur le deuil, cela risque de t’aider à verbaliser et d’exprimer ce que tu ressens au plus profond de toi tout en recevant de la rétroaction des participants et du personnel de soutien. Cette expérience risque de t’être très positive et libératrice.

En espérant que tu puisses te sortir du ‹ ‹ Flou › › un peu.

Bon cheminement :heartpulse:

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Merci @Cachou, je me sens, depuis un bon moment, découragée du fait que cette blessure ne se guérira jamais en moi et que j’aurai toujours une partie de moi qui s’est évaporée avec la personne qui a posé ce geste… j’aimerais cesser de souffrir, de sentir ma gorge se nouer à presqu’en étouffer quand j’y pense seule avec moi-même, j’aimerais passer une journée où je n’y pense simplement pas, j’aimerais revivre des jours où je me sens réellement heureuse, mais cela semble si loin, si inatteignable, un an est si long et court à la fois, je n’imagine pas vivre le reste de ma vie en me sentant de la sorte et je n’arrive pas à en revenir de voir à quel point il y a autant de monde qui vivent la même chose, c’est complètement terrible.

En espérant que la phase d’espoir revienne bientôt, parce que pour le moment, elle n’est pas très présente.

C’est aussi une des raisons qui me font lui en vouloir, il n’avait pas le droit de me prendre ça, mais c’est parti avec lui..

En tout cas, merci pour ta lecture et ton commentaire, je t’envoie toute ma douceur ! :heart_hands:
:folded_hands:
:sunflower:

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Merci @Cachou pour la réponse donnée à @Flou . En effet, prendre contact avec l’organisme qui offre du soutien peut être aidant pour avoir du soutien plus régulier. On sous-estime parfois tous les bienfaits de la verbalisation.
J’ai beaucoup l’image du chantier de construction en cours. C’est vrai que le deuil est composée de diverses étapes, où chaque construction est particulière, selon chaque personne, selon le ressenti. Je te souhaite de construire les étages du dessus sur des bases un peu plus solidifiées, au fur et à mesure de ton rythme. Prends bien soin de toi :orange_heart:

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Je me permets d’offrir cette information, avec un groupe en ligne, virtuel, qui m’a super aidée. La dame qui l’anime est extraordinaire. Elle ne vous ignorera pas. J’ai tenté de vous envoyer l’information en message privé, mais ça ne semble pas possible, alors voici les infos:
"FSOS (FSOS1111@outlook.com)
Nous sommes une organisation qui existe depuis environ 35 ans et qui a été fondée à l’origine par l’École de travail social de McGill.

Tous les membres de notre groupe ont perdu quelqu’un par suicide et pour certains, cela aide à se connecter avec des personnes qui comprennent cette perte à un niveau plus profond.

Le nombre de personnes dans chaque groupe varie, en moyenne entre 10 et 15 personnes par session.

Les membres partagent entre eux leurs difficultés après et avant la perte du suicide et comment gérer son deuil.

Les premières réunions peuvent parfois être difficiles. Les membres ne sont jamais obligés de partager. Souvent, il suffit d’écouter.

Un groupe FRANÇAIS virtuel se déroule les mercredis.

La personne à contacter pour le groupe français est… Cristiane (cbourbonnais@cohesion.ca)

J’espère que cela sera utile.

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Je comprends ce que tu vis je viens aussi de passer ce cap de la première année j étais anxieuse de revivre toute ma douleur quelques jours auparavant. Je suis allée voir une intervenante et j’ai pu libérer toutes mes émotions et je me suis organisée une belle fin de semaine pour passer au travers.
Je souhaite voir la création d’un groupe de soutien dans mon coin et avec l’aide d’une intervenante de Prévention Suicide je pense qu’on pourra y arriver. De ton côté ne néglige pas de pouvoir consulter une intervenante car cela nous aide beaucoup aussi.
Tu as le droit de te sentir en deuil de cette façon même après un an moi je crois que je serais en deuil de mon fils tout le restant de ma vie. L’intensité de la douleur diminue un peu mais ça reste quand même en dedans de soi en permanence . Moi, j’ai pris une décision après son décès soit celle de garder ma joie de vivre et d’honorer sa vie à lui en profitant au maximum de la mienne malgré ma douleur parfois intense et ma douleur.
J’ai aussi remarqué que mon caractère a changé depuis son décès, je suis plus directe avec mon conjoint et les autres aussi . Je ne tolère plus certaines choses mais sans doute que l équilibre va se à un moment donné. Mais oui, son départ m a changée.
Un jour à la fois vers la résilience.

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