Etre révolté contre mon destin d’endeuillé permanent

Bonjour , premièrement je sais bien que chacun vit son deuil à sa façon et que chaque façon de le vivre est correcte. Je le vois bien dans ma propre famille comment les différences de vivre le deuil sont importantes. Aussi je vois un psy à chaque 2 semaines donc soyez rassuré!. En toute sincérité je n’accepte pas l’idée que je serai malheureux pour de longues années et qu’il y aura seulement de petites parcelles de lumières. Ça fait juste 2 mois et je suis déjà impatient, je bouille, je suis en mouvement et je refuse ce futur long sort triste du destin. Je sais que mon garçon ne reviendras pas mais je veux trouver une façon d’être appaisé et d’avancer. Pour le moment le destin gagne , j’ai seulement des petits moments de bonheur au travail et avec les 3 autres enfants et le reste du temps mon cerveau rejoue la criss de même cassette en repassant la culpabilité pré drame, ll’infinie tristesse, la colère contre mon gars qui n’a pas demandé d’aide, le manque de sa présence disparue, l’espoir de la survie de son âme appaisée. La cassette rejoue dans l’ordre et le désordre plusieurs fois par jour et j’ai perdu le contrôle de mon cerveau. Le matin je me lève je fais ce que je dois faire, je bouge, je vais au travail, je prépare les plus jeunes pour l’école. Le soir je fais les devoirs avec les enfant puis une fois les enfants couchés, les soirées et les nuit sont encore plus difficiles quand on se retrouve seul avec sa peine. Les journées recommencent et je suis de plus en plus révolté contre le fait que vais vivre dans ce mauvais film pour de longues années. Je refuse ça et je dois trouver une solution, une force…je dois conditionner mon cerveau, l’orienter à arrêter de faire jouer la criss de cassette de la souffrance. J’espère y arriver dans les prochains mois, mais je ne sais pas. Ce soir lol ça doit être la phase colère/ révolte qui parle et je suis sincèrement choqué d’être pris dans ce tourbillon. Merci de m’avoir lu, vous comprenez que l’acceptation et la sérénité n’est pas là ce soir. Je suis choqué et j’ai le goût de crier et de tout casser.

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D’abord je vous offre mes sincères condoléances pour la perte de votre fils. Bientôt 2 ans que le mien , mon seul enfant, a décidé de mettre fin à sa vie . Il avait 39 ans. Les premiers mois, c’est tellement insupportable cette douleur intense qui nous envahit totalement .
Elle ne disparaîtra pas totalement mais occupera moins d’espace et c’est dans cet espace nouvellement libéré que la vie reprendra ses droits. Les rires, les loisirs, les amis tout cela revient . Je vous souhaite bonne chance dans votre processus de deuil. Prenez soin de vous surtout pour vous et vos enfants qui sont aussi des endeuillés. Courage

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Merci songeuse pour ta réponse. Je t’offre tout mon réconfort pour la perte de ton enfant unique. C’est rassurant de savoir que la douleur occupera moins d’espace au fil du temps et qu’il y aura de plus en plus de place pour les belles choses de la vie. Il me faut accepter cette nouvelle réalité et y faire face. Et ne pas oublier mes autres enfants endeuillés qui méritent écoute et réconfort. Merci pour vos bons mots, ça m’aide aussi à me ramener à ce qui est important.

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Bonjour, Dédé, ton histoire me touche énormément. Moi c est mon frère qui a décidé partir en février, à l’age de 41 ans. Je suis maman de 5 enfants et je peux très bien m imaginer la douleur de la perte d un enfant. En fait, mes parents sont complètement dévasté par ce drame. Ma mère a peut-être un peu plus de faciliter que mom père. Elle a un bon réseau autour d elle. Elle a la chance d être très proche de ses soeurs qui la soutienne énormément. Pour mon père, c’est plus compliqué. Ce n est pas aussi facile pour lui d’en parler. Il est aussi beaucoup dans la colère. Son visage est tellement triste que ça me crève le coeur de le voir comme ça. J’ essaie d aller les voir le plus souvent possible (j’habite loin!) C’est extremement difficile de les voir aussi triste.. En plus, d’avoir mon propre chagrin, ma colère et ma culpabilité.

Nous aussi, nous sommes une famille très uni et rempli d’amour. J ai les meilleurs parents au monde, ils ont toujours été aidant et dans l accueil, ce qui rend le geste de mon frère tellement incompréhensible. On était là! Il le savait! si il nous avait demandé de l’Aide, on aurait tout fait. Le fameux SI… Si on vait su, si on vait vue, si on vavair dit… Si.. Nous aussi la cassette repars tout le temps.
Parfois, je me sens vraiment mieux et soudainement une vague de tritesse vient se briser sur moi. On me dit que c’est normal et que les vagues s’atténuront avec le temps.

Je me racroche a mes 5 petites raisons de vivre. Eux, par change qu’ils sont là! Avec eux, une seule chose existe; ici et maintenant. Le passé est passé et le futur n’est pas arrivé. Une journée à la fois. Chaque jour j’essaie de remplir mon sceau de bonheur avec un sourire, un calin, un bisous, un éclat de rire.

Vivre ce drame me donne envie de me rapprocher davantage de ma famille, de mes amies de tout ceux qui sont important pour moi. C est ma facon a moi de donner un sens a cette tragédie. Apporter un peu plus de lumière a mes proches.

Je vous souhaite de tout coeur de trouver un peu de réconfort. Gros calin a toute ta famille

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Bonjour vmasse, gros câlin réconfortant à toi et ta famille suite au triste départ de ton frère. Lire ton témoignage m’a fait beaucoup de bien. C’est dur de concevoir que quelqu’un choisit la mort même quand il est bien entouré par une famille unie, aimante et aidante. J’espère que ton papa pourra être appaisé et se sentir mieux prochainement. Je me souhaite la même chose. Quelle chance tu as d’avoir 5 beaux enfants ! Il faut que je me rapelle qu’avec mes plus jeunes enfants aussi, comme tu le dis si bien , une seule chose existe : ici et maintenant ! Je vais essayer de vivre au moment présent avec eux et remplir peu à peu mon sceau de bonheur ( hihihi j’ai aussi un livre pour enfant là dessus) par tous les beaux petits moments de joie qu’ils me donnent. Je dois aussi me résoudre à accepter qu’il n’y pas de raccourcis durables pour éviter les aléas du deuils et que le chemin vers une plus grande sérénité, n’est pas une autoroute. Merci vmasse et bon courage à tous !

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Vos publications cher Dédé montrent très bien toutes les vagues qu’on vit ds ce deuil difficile, ex colère, culpabilité, etc…Au début on est ds le tsunami et on a juste hâte d’aller mieux, on se demande comment et est-ce possible d’y arriver? Avec le deuil on prend souvent l’image d’une plante: on aurait beaucoup essayer de tirer dessus, elle ne poussera pas plus vite. Il faut juste lui laisser le temps de pousser. Une autre intervenante avait dit: nous les endeuillés on est comme des polytraumatisés mais dont les blessures sont invisibles, intérieures. Imaginez un polytraumatisé qui a eu un grave accident de voiture. Il est hospitalisé, branché, des tractions et plâtres partout, etc…Ces blessures sont évidentes pour tous et tout le monde va comprendre que la route sera longue et ardue jusqu’à la réhabilitation et que p-ê la personne ne redeviendra pas à 100% comme avant. Pour nous c’est plate a dire mais c’est semblable je crois, sauf que nos blessures sont à l’intérieur, invisibles. Donc certains proches et parfois nous-mêmes on voudrait se voir aller mieux rapidement mais nous aussi c’est un long processus de réhabilitation, ponctué de vagues, et pour plusieurs on ne revient pas exactement comme avant. Un tel deuil nous transforme. Je partage mon vécu, mon chemin sur cette route difficile mais chaque chemin de deuil est différent. Bonne route à tous, seul on peut avancer plus vite mais ensemble ça avance mieux.

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Merci Stef70 pour ta reponse , d’avoir pris le temps de me lire et de nous partager ton vécu et ton ressenti. Je suis convaincu que ton parcours inspireras plusieurs d’entre nous. Je suis aussi polytraumatisé, que la guérison arrive comme il se doit pour nous tous avec nos rythmes différents.

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Je te comprends très bien. Je vis la même chose actuellement et j’ai l’impression de mourir. Il n’y a aucune façon de trouver le calme dans ma tête.
Est-ce qu’il existe des groupes en présentiel pour partager cette peine ? Je me sens tellement seule dans ce labyrinthe :sob::sob::sob:

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Allo MDMD,

Merci pour ton message, je te fais un gros câlin. Je suis désolé que nous ayons à subir toute cette souffrance. J’aurais aimé pouvoir parler en présence ou en Teams avec plusieurs personnes de cette communauté, il y a tellement de belles âmes, mais je comprends que ce forum est anonyme. Je comprends aussi qu’il y a de l’aide d’organisme régionaux qui donnent une aide individuelle en présence ou des rencontres en groupe pour les endeuillés comme nous dans la majorité des régions du Québec. J’espère que la communauté ou les administrateurs du site pourront nous donner de bonnes sources d’aide. Merci.

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@MDM ,
Toutes nos meilleures pensées vous accompagnent dans ces moments difficiles. Vous êtes à la bonne place pour ventiler vos sentiments à votre rythme et vous faites bien de demander du soutien. Parler en groupe de ce que vous vivez peut aider à surmonter cette vague qui vous submerge peut-être, si c’est ce dont vous avez envie.

Il est possible de trouver des ressources d’aide dans votre région auprès de certains centres de prévention du suicide, qui offrent des groupes en présentiel pour les personnes endeuillées. Vous pourrez parcourir les CPS selon votre région en cliquant ici. Également, nous vous invitons à contacter un intervenante de suicide.ca pour discuter, qui pourra vous diriger vers la bonne ressource au besoin si vous souhaitez être accompagné.

De tout coeur avec vous :orange_heart:

L’Équipe de modération

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Salut Dédé,

Mon fils est décédé par suicide le 1er août 2023.

Aujourd’hui j’ai de très bon moments seuls, avec ma conjointe, au travail, avec des amis et ma famille.

Il reste que j’ai appris et j’apprends encore à me gérer et a gérer les pensées intrusives du pourquoi et de la culpabilisation.

Je te rassure, c’est faisable et on peux y arriver avec du temps, de la patience, du travail et de l’indulgence pour soi même.

Mon défi reste les moments où je suis fatigué et que les pensées intrusives viennent. À ce moment là ça me rentre dedans plus fort mais je gère .

Ça reste une mega épreuve à passer et le chemin est douloureux j’en conviens. Courage et patience , j’ai tellement pleuré au début. Maintenant ça arrive mais plus rarement.

Tu va y arriver Dédé.

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